Mois de la créolité : à New York, le Kréol Fest met en lèr différentes cultures créoles du monde

Natie, musicienne réunionnaise habitant à New York, a créé le Kréol Fest il y a trois ans, afin de rassembler et célébrer toutes les cultures créoles du monde. Pour la troisième édition, le festival ouvre ses portes au MoCADA à New York du 9 au 11 octobre 2026.

« Tu viens d’où ? », « C’est quoi ton ethnicité ? ». Musicienne réunionnaise et habitante de New York et depuis douze ans, ces deux questions sont celles auxquelles Natie doit répondre le plus régulièrement.

« Je m’identifie comme créole, mais ici, le mot créole n’a pas la même signification qu’à La Réunion ou dans l’Hexagone. Le mot créole est parfois utilisé en référence à une épice ou à une langue. Ce n’est donc pas forcément une culture qui existe, et encore moins une culture qui existe à l’échelle globale… C’est donc pas évident à expliquer », retrace Natie.

Natie habite à New York depuis douze ans.

Pour expliquer la créolité, Natie parle aussi de La Réunion. « Au début, les gens n’avaient jamais entendu parler de La Réunion, mais je croise de plus en plus de personnes qui y sont allées ou qui en ont entendu parler dans un documentaire », raconte-t-elle.

Alors, pour aller encore plus loin et permettre que « les gens puissent se baigner dans les rythmes, les saveurs et les expressions de la culture créole », l’artiste a créé le Kréol Fest il y a trois ans.

Rassembler différentes cultures créoles du monde

Haïti, la République dominicaine, la Jamaïque, Trinidad, Maurice et, bien sûr, La Réunion…Le festival rassemble différentes cultures créoles de différents pays du monde.

Si chaque culture créole possède ses propres spécificités, des similitudes se retrouvent. « Le créole est une expression de la créativité, une forme de résilience provenant de la colonisation. Différentes personnes de cultures différentes ont dû trouver comment se comprendre entre elles, comment perpétuer leurs traditions tout en s’adaptant à de nouveaux environnements », explique-t-elle.

« Je pense beaucoup aux similarités entre le maloya et la bomba, la musique traditionnelle de Porto Rico : elles se pratiquent toutes deux en rond, il y a cet esprit de questions-réponses dans la forme musicale, la simplicité du nombre de percussions. Je retrouve aussi des similarités dans la cuisine. Ou même quand on parle du vaudou à Haïti : à La Réunion, nous avons les chapelles rouges. Et dans la langue, avec par exemple le mot “Fanm” qui se dit de la même manière dans différentes langues créoles ».

Une rencontre de plusieurs formes artistiques

Elle-même artiste à travers la musique, Natie a naturellement voulu rassembler différents arts dans un même espace. Se retrouvent ainsi des performances live, des installations visuelles, différents ateliers et des conférences.

« Le Kréol Fest est une rencontre entre différentes cultures créoles et à travers différentes formes artistiques », résume-t-elle.

Célébrer nos sacrés

Pour cette troisième édition, le Kréol Fest célèbre le sacré, la connexion aux ancêtres, le naturel et les rituels qui nous permettent de « maintenir cette connexion spirituelle » : « lo sakré ».

Sakré est d’ailleurs un mot que l’on retrouve dans quatre langues différentes : le créole haïtien, le créole de La Nouvelle-Orléans, le créole de Guadeloupe ou celui de La Réunion.

Pour cette troisième édition, le Kréol Fest ouvre ses portes au MoCADA, à Brooklyn, à New York, du 9 au 11 octobre 2026.

À terme, la curatrice souhaite que le Kréol Fest devienne une plateforme permettant de soutenir la collaboration entre artistes créoles à travers le monde.

Jadine Labbé Pacheco


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