« La population des dom-tom, on fait quoi le 17 octobre ? »
Des réseaux sociaux à une mobilisation dans les rues ce samedi 17 octobre 2026…Dans les territoires dits d’Outre-mer, les jeunes réclamaient déjà plus de moyens, avant même que la mobilisation hexagonale ne prenne de l’ampleur.

« Dans les toilettes, c’est injuste qu’il n’y ait pas de papier toilette. La majorité du temps, c’est inondé, il y a de l’eau par terre. Du coup, comment voulez-vous que nous, les filles, quand on a nos soucis personnels, quand on va aux toilettes, on puisse se changer ? Il n’y a même pas de poubelle », dénonce une élève du lycée Lama-Prévot, en Guyane, dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux.
« La majorité du temps, quand nos emplois du temps changent, on ne peut même pas le savoir : on est obligés d’aller sur nos téléphones, sur Pronote. Donc quand les salles changent, on est obligés d’utiliser nos téléphones, et ça ne passe pas quand les surveillants croient qu’on ment alors qu’on dit la vérité pour pouvoir les utiliser.
Ensuite, la majorité des profs, quand ils sont absents, on n’a pas de remplaçants.
L’an dernier, on n’a pas eu SES, et celles et ceux qui avaient pris la spécialité SES sont très en retard cette année », poursuit-elle.
Ce témoignage, partagé le 8 octobre, intervient dans un contexte de mobilisation générale des lycéen.ne.s. Depuis la rentrée 2026, iels se mobilisent pour demander « plus de moyens pour l’Éducation nationale », résume l’Agence France-Presse.
Comme le rappellent @adelphitefrance dans une publication en collaboration avec @histoires.crepues, dans les territoires dits d’Outre-mer, « des lycées étaient déjà mobilisés depuis plusieurs semaines, pour les mêmes raisons ».
À Cayenne, en Guyane, les élèves du lycée Félix-Éboué « ont déposé dix-sept revendications le 7 septembre. Pendant trois semaines, seuls les médias locaux en ont parlé ».
L’ Association des communes et collectivités d’outre-mer (ACCD’OM) a alerté sur la situation dans un communiqué, en rappelant que « les lycéens d’Outre-mer ont parlé les premiers » et qu’il « serait injuste qu’ils soient servis les derniers », souligne @adelphitefrance avant de rajouter :
« Ces lycéen.ne.s dénoncent des réveils en pleine nuit pour attraper le bus, des lycées sans cantine, des salles sans ventilateurs et des profs qui changent chaque année. Deux élèves de lycées de Martinique nous ont aussi raconté leur quotidien, à dix ans d’écart ».
Un appel à la mobilisation « des gens des dom-tom »
Sur les réseaux sociaux, plusieurs jeunes appellent à quitter les écrans pour rejoindre la mobilisation générale organisée dans plusieurs villes ce 17 octobre 2026.
« Les gens des dom-tom, on fait quoi le 17 octobre ? », questionne @callme.cleopatre.
« Tous les départements d’Outre-mer, je veux vous voir. C’est super important pour nous de faire partie de l’histoire, parce qu’on ne va pas changer les choses en restant là, assis, à regarder TikTok, à regarder du buzz. Prenez conscience que nous sommes la voix de tous nos proches qui sont au pays, que le 17 octobre, c’est aussi pour nous ».
« Prix de l’essence, la condition des élèves, ce sont juste des petites cerises sur le gâteau de problèmes que nous, on a », souligne-t-elle.
« La vie chère, l’accès à l’eau potable, l’accès aux soins médicaux, le manque d’avenir pour la jeunesse, le manque de reconnaissance de notre identité et notre culture, le manque de moyens pour les infrastructures, les routes, le logement, la précarité et j’en passe », liste-t-elle.
Des problèmes communs aux territoires dits d’Outre-mer, de l’océan Atlantique à l’océan Indien.
Elle rappelle qu’il faut manifester de façon pacifique, pour que « notre voix soit enfin entendue ».
J.LP





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