Un autre 27 avril : en mémoire des roses déracinées

L’acte de mariage de Jean-Louis Golitin et Sylvie Bogit rédigé à Iracoubo, en Guyane, le 28 novembre 1849.

Parmi les 250 000 esclaves affranchi.e.s le 27 avril 1848 se trouvait, en Guyane, Rose, dite Saunier, mère de Jean-Louis Golitin, le premier ancêtre connu à porter ce nom dans ma lignée.

Près de cent ans plus tard, de l’autre côté de l’océan Atlantique, naissait ma grand-mère Alex, le 27 avril 1935.

Quatre cents lunes plus tard, en 1967, elle posait un pied sur la terre rouge d’Iracoubo, ter-ter de la famille de son mari.

Les Golitin.

Le premier ancêtre connu de la lignée à porter ce nom s’appelait Jean-Louis.

Une femme et mille histoires

Né en 1809, semblerait-il à Iracoubo, Jean-Louis a été mis au monde par Rose, dite Saunier.

Sans doute née au milieu du XVIIIe siècle, quelque part sur le vaste continent africain — peut-être à l’Ouest, peut-être au Sud —, Rose a été arrachée à sa terre pour devenir esclave. Sur les terres guyanaises, elle travaille pour une famille de colons venus d’Acadie : les Saunier.

L’histoire de Rose est aussi celle de Léocadie, Solitude, Sylvie, esclavisées en Guyane, mais aussi en Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion, sur d’autres terres marquées par la même violence.

Femmes debout malgré tout

Aujourd’hui, nous rendons hommage à toutes celles qui ont été capturées, violentées, réprimées.

À toutes celles qui ont résisté. Et à toutes celles qui n’ont pas pu le faire.

« Nous sommes les petites-filles des sorcières que vous n’avez pas pu brûler »

Nous sommes les petites-filles des femmes que vous n’avez pas pu capturer.

Nous sommes les petites-filles des femmes que vous n’avez pas pu emprisonner.

Nous sommes les petites-filles des femmes que vous n’avez pas pu bâillonner.

Nous sommes les petites-filles des femmes que vous n’avez pas pu agresser.

Nous sommes les petites-filles des esclaves que vous n’avez pas pu tuer.

Jadine Labbé Pacheco Golitin


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