Fête des mères 2026 : pour certaines publicités la place des mères est à la cuisine et aux tâches ménagères

Il y a deux semaines, nous lancions un appel à nous envoyer des photos de publicités douteuses à l’approche de la fête des mères. Nous avons été choquées, mais malheureusement pas déçues.

Photo prise en Guyane le 19 mai 2026.

Lorsqu’on a lancé l’idée de repérer les publicités sexistes pour la fête des mères, j’espérais au fond de moi ne rien recevoir. Et pourtant, nous avons reçu cinq photos de pubs pour des objets ménagers teintées d’un rose criard.

Cinq, ce n’est pas tant que ça, me direz-vous ?

Dans les outre-mer, en Guyane notamment, les panneaux publicitaires 4 x 3 ont encore le vent en poupe.

Installés à des carrefours, feux rouges ou autres intersections, ils sont plus que visibles dans l’espace public.

Et on ne passe que rarement une seule fois devant. Insidieusement, la publicité s’installe dans nos esprits.

Photo prise en Guyane le 19 mai 2026.

Une publicité strictement encadrée

Le Code de l’environnement est clair. L’article L581-7 dispose qu’« en dehors des lieux qualifiés d’agglomération […], toute publicité est interdite », sauf exceptions très encadrées. Les panneaux publicitaires qui jalonnent certaines routes de Guyane, Guadeloupe ou de La Réunion ne sont donc pas censés faire partie du paysage ordinaire.

Photo prise en Guyane le 22 mai 2026.

Nous avons également reçu deux publicités numériques.

Photo envoyée depuis la Martinique le 26 mai 2025.

C’est ainsi que certaines mamans ont reçu un aspirateur flambant neuf ou un blender aujourd’hui.

Comme la publicité, le message est insidieux. Ou peut-être pas tant que ça : la place des mères est ici associée aux produits ménagers, à la cuisine, au linge et aux tâches domestiques.

En offrant ces cadeaux, on peut entendre : Ta place, maman, est entourée de produits ménagers. À récurer la salle de bains, laver le linge sale de toute la famille ou rester aux fourneaux.

Ou devrais-je remplacer « maman » par « femme » ?

Car pour les enfants, on se doute bien de la personne qui passe à la caisse : les papas, bien heureux d’offrir ces cadeaux empoisonnés à la mère de leurs enfants.

« Mais t’inquiète, ma chérie, aujourd’hui tu ne t’occupes de rien surtout, c’est un jour spécial ! Tu essaieras l’aspirateur demain. »

Et bonne fête, maman !

Une fête instaurée pour encourager la natalité

On n’oublie pas que cette fête est souvent présentée comme une tradition évidente alors qu’elle a été pensée comme un moyen de célébrer la maternité dans un contexte de préoccupations démographiques.

En France, elle s’inscrit dans une longue histoire nataliste : une première « Journée des mères » est officialisée dans les années 1920, puis la fête est valorisée sous le régime de Vichy. Pour Pétain, l’objectif est clair : encourager la natalité dans un pays décimé par la guerre.

Quelques années plus tard, en 1950, la fête des Mères est inscrite dans une loi promulguée sous la présidence de Vincent Auriol.

Une pensée à toutes les autres femmes

On n’oublie pas non plus la violence que peut représenter cette journée pour celles qui ne peuvent pas avoir d’enfants, qui n’arrivent pas à en avoir ou qui n’en veulent pas.

On n’oublie pas tous les enfants qui ont perdu leur mère, qui ont deux papas, qui vivent en famille d’accueil ou qui ont une mère maltraitante.

Alors aujourd’hui, nous pensons à toutes les mamans.

Avec une pensée particulière pour les mamans solos qui galèrent à joindre les deux bouts, pour les mamans épuisées par la charge mentale, pour les mamans lesbiennes confrontées aux LGBTphobies, pour les mamans maltraitées.

Mais aussi pour les mères de substitution : les copines, les tatas, les cousines qui prennent soin des enfants avec amour et attention.


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