Femmes-vinyles, l’art à la croisée des mémoires et de la sororité

« La dignité portée comme une couronne ». C’est le point commun à toutes les femmes représentées par l’artiste guyanaise, EMCY lors de l’exposition Femmes-Vinyles visible du 1er au 19 juin au centre Pagaret, à Rémire-Montjoly.

L’artiste EMCY lors du vernissage de l’exposition Femmes-Vinyles

La collection Femmes-Vinyles met les femmes à l’honneur à travers une série de tableaux qui interrogent directement le spectateur : « Que transmet-on ? À qui ? ». Ce sont les mots que l’on peut lire entre les portraits qui se meuvent entre passé, présent et futur.

EMCY, artiste-peintre, a été entourée de nombreuses femmes durant tout son parcours de vie et leur rend hommage à travers des œuvres centrées sur la mémoire et la transmission. Elle cite notamment son amie de jeunesse, Zéphaniah, qui l’a connue lorsqu’elle était étudiante dans les écoles d’art graphique et qui est encore présente pour la soutenir lors du vernissage. Elle évoque également Sergine Boutrin, directrice du Muzé du ninport’koi qui lui a tendu le premier vinyle à l’origine de la série Femmes-Vinyles.

« Je fais ce que je veux »

Sa peinture, désormais plus apaisée, témoigne de son nouvel alignement et de la maturité artistique lui permet de revenir après 4 années sans peindre. Engagée dans ses activités de communicante et de graphiste, elle avait choisi d’y consacrer son temps jusqu’à ce qu’elle réalise qu’elle pouvait incarner toutes ses envies. « J’ai juste décidé d’arrêter de choisir. Je fais ce que je veux » affirme-t-elle en riant allègrement. C’est cette puissante que dégagent les portraits qu’elle expose.

Un vinyle, un afro puis une couronne

Au premier abord, la fameuse couronne apparaît telle un afro aux contours étonnamment réguliers qui orne les têtes des personnages représentés. Ce n’est qu’en s’approchant qu’on réalise que la coiffure aux allures d’uniforme n’est autre qu’un vinyle auquel elle a décidé de seconde vie voire, une troisième à travers le symbole de la couronne.

Rencontrée au vernissage, Sandrine, la cousine d’EMCY, repense avec nostalgie aux premiers dessins de l’artiste : « Au dessus de sa tête de lit, on n’avait même pas une quinzaine d’années, elle avait un portrait d’une femme avec un énorme afro qui ressemblait à un coucher de soleil. ».

L’artiste convoque à la fois la mémoire commune mais aussi sa mémoire personnelle à travers cette exposition. Entre peinture, relief et travail des matières EMCY a trouvé l’ADN de son art et évolue « à l’image de la Guyane, diverse et variée ».

Moïra Berton

 


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