Avec Douvanjou lanmou, Jennyfer Adnet célèbre l’amour lesbien dans un créole hybride
Dans le recueil Douvanjou lanmou, illustré par Oyaomi et publié aux éditions Siyaj, l’Antillaise Jennyfer Adnet réunit une quarantaine de poèmes consacrés à l’amour lesbien.

Chak fwa ou paret
Sé konsidéré
Ou pran
Tout dousè
Tout flo lanmè-a
Pou abiyé kow
Dans son recueil de poèmes Douvanjou lanmou, la poétesse Jennyfer Adnet explore l’amour lesbien à travers plusieurs thématiques. Avec Konté lanmou, elle raconte tout ce que le sentiment amoureux peut évoquer, notamment en tant que personne queer caribéenne ou queeribéenne. Puis, elle s’intéresse à la manière dont ce sentiment est vécu et ressenti.
« J’espère, avec ce recueil, impulser cette audace de s’imposer au monde avec sa vision, son art et sa manière d’habiter le monde », confie-t-elle.
L’ouvrage répond également à un enjeu de représentation car : « il y a un manque de représentations dans la lesbianité caribéenne… même si ça tend à évoluer ».
Des poèmes dans un créole hybride entre la Guadeloupe et la Martinique
Née d’une mère guadeloupéenne et d’un père martiniquais, Jennyfer Adnet écrit dans un créole hybride qui lui est propre.
« Au fur et à mesure de la relation de mes parents, leur deux créoles ont coexisté naturellement et je fais le choix d’écrire dans cette langue hybride car elle fait partie de mon identité », explique la poétesse.
Cette démarche s’inscrit également dans une volonté de redonner au créole toute sa valeur, tant dans son lexique que dans sa graphie.
« Avec le créole, il y a toujours un rapport subalterne en disant que le créole est une déformation du français, ce qui tend à marginaliser davantage la langue et effacer son histoire », estime-t-elle.
Des inspirations puisées dans les écrits d’autres poétesses caribéennes
À travers ses écrits, Jennyfer Adnet souhaite s’inscrire dans la lignée de celles qui ont ouvert la voie au sein du paysage littéraire caribéen, notamment dans les espaces de lutte et de revendications queer caribéennes.
Elle cite notamment l’autrice martiniquaise Marie-Magdeleine Carbet, mais aussi, plus récemment, Nadia Chonville et Audrey Couppé.
À travers ses poèmes, Jennyfer Adnet fait émerger des imaginaires encore trop peu visibles dans la littérature caribéenne. Une œuvre qui célèbre à la fois l’amour lesbien, la langue créole et l’affirmation de soi, tout en contribuant à élargir les horizons de la création queer antillaise.
Jadine Labbé Pacheco





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