Siyaj, une maison d’édition féministe, décoloniale et antillaise pour « donner la parole à des voix silenciées »

Siyaj, une maison d’édition indépendante, féministe et décoloniale de la Caraïbe francophone, a été fondée par la Guadeloupéenne Oriane Prevost et la Martiniquaise Réjane Pacquit.

« Ici, les mots poussent dans des sillons millénaires, sur des terres chargées d’histoires et de murmures longtemps tus », peut-on lire en scrollant la page Instagram des éditions Siyaj.

« Il y a toujours eu des femmes dans nos luttes : sur le plan militant, politique, littéraire, culturel, et la postérité ne les a pas suffisamment célébrées. Donc, pour ne pas reproduire les erreurs du passé, nous archivons des voix pour la postérité, notamment celles des femmes anticolonialistes et engagées », explique Réjane, directrice artistique des éditions Siyaj et artiste visuelle.

Un engagement est pris : celui de « donner la parole à des voix silenciées et invisibilisées », précise Oriane, directrice de la publication et éditrice. Avec un but : « pousser les murs ».

Un projet né d’une amitié

La première est Martiniquaise, la seconde Guadeloupéenne. C’est sur le stand des éditions Présence africaine, lors d’un salon du livre parisien, qu’elles se rencontrent. « Le fait de venir des Antilles françaises, ça aide », retrace Oriane dans un rire.

Entre elles, l’amitié se tisse naturellement au fil du temps. Des années plus tard, elles se retrouvent tantôt en Martinique, tantôt en Guadeloupe, chacune étant rentrée dans son pays natal.

Toutes deux avaient pour projet d’y fonder une maison d’édition féministe et décoloniale et, finalement, comme leur amitié, l’idée jaillit spontanément autour d’un verre au BoliBar, en Martinique. Après trois ans de réflexion, le duo crée la maison d’édition en janvier 2026.

Un premier ouvrage édité sur l’amour lesbien

Quelques mois plus tard, elles éditent leur premier ouvrage : Douvanjou Lanmou, écrit par Jennyfer Adnet, une autrice guadeloupéenne et martiniquaise. Ce recueil de poésie a été écrit dans un créole hybride, à l’image de ses racines, puis adapté en français.

À travers une quarantaine de poèmes, l’autrice explore l’amour lesbien. Ces écrits ont été illustrés par Oyaomi… qui n’est autre que Réjane. « Les illustrations ont été pensées à partir des émotions que je percevais dans les propos de Jennifer, avec des noirs très intenses et des lignes organiques épaisses », précise-t-elle.

Les genres édités

Si l’accent est mis sur la poésie et la fiction en Martinique et en Guadeloupe, les deux Caribéennes laissent la porte ouverte à tout projet bien écrit, au-delà des océans. « Nous commençons par la Martinique et la Guadeloupe, mais la Guyane, Saint-Barthélemy et toute la Caraïbe anglophone ou hispanophone sont tout près de chez nous », indique Oriane. Et pourquoi pas l’océan Indien.

Le duo n’est fermé à aucun projet, tant qu’il s’inscrit dans une thématique féministe et décoloniale.

Jadine Labbé Pacheco


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